Préserver la flore et la petite faune qui niche le long des routes départementales et participer de leur embellissement : tel est l’objectif que s’est fixé le Conseil Général à travers l’expérimentation du fauchage raisonné sur 14 sites en Côte-d’Or. François Sauvadet, Président du Conseil Général, était accompagné de Joël Abbey, Président de la Commission Infrastructures, Transports, Bâtiments et Habitat, et de Jean-Pierre Rebourgeon, Président du Côte-d’Or Tourisme, pour présenter cette démarche innovante, le lundi 3 août sur la zone test de la RD 103 entre Francheville et Vernot.
LE FAUCHAGE RAISONNE
Mode de gestion alternatif des bords de routes, le fauchage raisonné consiste à décaler à l’automne, voire à l’hiver sur certaines zones, le second fauchage des accotements.
Cette démarche environnementale, le Conseil Général a fait le choix de l’expérimenter sur 14 zones test réparties dans toute la Côte-d’Or. Menée en lien avec la Société des Sciences Naturelles de Bourgogne, elle doit permettre à la petite faune et à la flore d’achever son cycle de vie et pourraient, à terme, participer à l’embellissement des paysages locaux. L’expérimentation s’étendra sur une période de 4 ans avec une évaluation régulière par des experts de son impact sur la biodiversité.
Si le fauchage est décalé sur les accotements (talus et fossés), il est en revanche maintenu sur la passe dite « de sécurité » qui s’étend sur 1,20 m de largeur depuis la route, assurant ainsi la visibilité nécessaire aux automobilistes pour circuler en toute sécurité.
Les 14 secteurs de test ont été choisis, en lien avec les 7 Agences de Développement Territoriales du Conseil Général, afin de représenter les grands types d'habitats caractéristiques des régions naturelles principales de Côte-d'Or. Les zones test :
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Canton de Saint-Seine-l’Abbaye : RD 103 entre Franchille et Vernot
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Canton de Fontaine-Française : RD 28 G à Bourberrain, RD 960 entre Bourberrain et Fontaine-Française
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Canton de Gevrey-Chambertin : RD 116 entre Chambole-Musigny et Curley, RD 122h à Chamboeuf
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Canton de Recey-sur-Ource : RD 996 entre Essarois et Montmoyen, RD 996 à Voulaines-les-Templiers
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Canton de Seurre : RD 12 entre Chivres et Labergement-lès-Seurre, RD 35 entre Argilly et Bagnot, RD 20 entre Argilly et Bagnot
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Canton de Venarey-les Laumes : RD 10 entre Gissey-sous-Flavigny et Thennissey, RD 104 entre Thennissey et Frolois
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Canton de Liernais : RD 106 D à Ménessaire, RD 17 entre Liernais et Brazey-en-Morvan
PRESERVER LA BIODIVERSITE
Les dépendances vertes routières (talus et fossés) jouent un rôle important dans le maintien de la biodiversité, non seulement par ce qu’elles couvrent globalement une superficie importante (près de 3 000 ha) abritant une biodiversité propre, mais aussi par ce que leur fonctionnement écologique interfère avec celui des milieux environnants et leur biodiversité, à l’échelle du paysage traversé par la route.
Malgré leur structure linéaire, les routes départementales représentent une part non négligeable du territoire de la Côte-d'Or, 5 870 km, en particulier si l'on intègre leurs dépendances, 29,35 km² (2 935 ha). Les abords des routes permettent le maintien dans certaines petites régions naturelles de la Côte-d'Or de végétations et d'espèces assez rares. La prise en compte de ces espaces se justifie parfaitement dans le cadre de la préservation de la biodiversité locale.
Les talus sont gérés comme des milieux semi-naturels, un peu comme des prairies extensives, sans labour ni traitements phytosanitaires. C’est pourquoi leur flore herbacée est abondante et variée, et souvent bien plus riche que celle des milieux cultivés environnants. Dans les zones cultivées intensivement (plaine de Saône, plateaux calcaires) les talus restent une des rares zones refuge pour la flore sauvage.
Le nombre des espèces végétales présentes est encore plus important à l’échelle d’un grand territoire, comme la Côte-d’Or, car les routes départementales y quadrillent tous les types de sols et de climats.
La biodiversité animale est également importante, de nombreux invertébrés (criquets, carabes, escargots…) et plusieurs espèces de petits vertébrés (petits rongeurs, lézard des murailles…) parvenant à vivre sur la seule emprise des talus. Un avantage important de ce milieu est qu’il offre des ressources non seulement à la belle saison, avec la croissance végétale, mais aussi en hiver, comme cachette tranquille et abritée sous les herbes sèches.
Complémentarité avec d’autres milieux
Beaucoup d’animaux ont besoin de ressources variées et se déplacent facilement pour les exploiter. Ainsi, des rapaces ou le renard trouvent sur les talus des petits rongeurs plus nombreux et accessibles que dans les champs des environs. A l’inverse, la Bergeronnette grise niche dans le rebord du talus et se nourrit tout autour, sur les espaces cultivés. Beaucoup d’insectes ont un cycle de vie complexe, les larves vivant sur les arbres et les adultes se nourrissant des fleurs de plantes basses. Une route traversant une forêt y crée une sorte de clairière artificielle fleurie dont profitent de nombreux papillons et coléoptères, et l’ensemble de la route et de la forêt offre à ces espèces les divers habitats qu’elles exigent.
Pour toutes ces espèces, les talus fonctionnent, en complémentarité avec les habitats périphériques, en accroissant la diversité à l’échelle du paysage (diversité inter-habitats).
Rôle de corridors écologiques
Par leur structure allongée et continue sur de grandes distances, les talus fonctionnent aussi comme des « corridors écologiques », mettant en relation des populations végétales ou animales isolées dans le paysage. Ils permettent le déplacement des animaux, le transport naturel de semences, la colonisation de proche en proche. Cette continuité présente des avantages importants, d’ordre démographique (recolonisation d’espaces neufs ou dépeuplés) mais aussi génétique (maintien de la diversité et des échanges génétiques).
Cette fonction est importante dans nos milieux, de plus en plus fragmentés par des infrastructures peu transparentes et tout particulièrement pour les espèces les moins mobiles et dans les grandes plaines agricoles dénudées.