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Crises de l'approvisionnement en gaz : vers une meilleure protection des ménages ?

Date de publication : jeudi 15 juillet 2010

Communication du Parlement européen du 13.07.10 - Coopération et Europe / Développement durable

Les ménages ne devraient pas être privés de gaz en cas de crise de l'approvisionnement en gaz, et de les crises dans ce secteur devraient pouvoir être mieux gérées grâce aux procédures de coordination mises en place à l'échelle de l'UE et aux obligations d'interconnexion définies dans un projet de législation adopté de façon informelle, en coopération avec le Conseil, à la fin du mois de juin, et approuvé ce mardi par la commission de l'industrie.
 
Le projet de règlement, initié après les crises du gaz de 2008 et 2009, lorsque l'approvisionnement en gaz russe de l'UE, passant par l'Ukraine, fut interrompu à la suite d'un désaccord entre Moscou et Kiev, entend remédier au manque de coordination et d'interconnexion entre les États membres.
 
Protéger le client
 
Les députés ont souligné que les mécanismes de marché constituaient la première et la meilleure ligne de défense contre le risque d'une rupture d'approvisionnement, et que les États membres devraient baser la prévention des pénuries sur de tels mécanismes, tout en gardant les mesures non fondées sur le marché comme solution en dernier recours. Les plans nationaux, fondés sur une évaluation du risque répondant à des exigences communes, devront être prêts au plus tard deux ans après l'entrée en vigueur du règlement.
 
Toutefois, en cas de crise d'approvisionnement du gaz, les ménages bénéficieront d'une protection prioritaire aux termes des nouvelles règles. Les États membres pourront également designer d'autres clients protégés, tels que les petites et moyennes entreprises et les services sociaux de base, pour autant qu'ils ne comptent pas pour plus de 20 % dans le volume national d''approvisionnement en gaz.
 
En cas de températures extrêmement basses, les entreprises assurant l'approvisionnement en gaz seraient tenues d'approvisionner les clients protégés durant une période de pointe de sept jours et durant 30 jours de demande "exceptionnellement élevée" lors des hivers les plus froids, ou durant 30 jours en cas de pénurie lors d'un hiver moyen.
 
Plans d'action préventifs
 
En cas de défaillance de l'infrastructure principale, les États membres veilleront à ce que les infrastructures restantes puissent satisfaire la demande totale équivalant à une journée de consommation "exceptionnellement élevée" (statistiquement observée tous les 20 ans).
 
Les autorités nationales disposeront d'un délai de quatre ans pour appliquer la norme d'approvisionnement, en augmentant leurs capacités de stockage, en instaurant l'approvisionnement par inversion des flux, en assurant l'interconnexion avec le réseau gazier de l'UE et en mettant un terme à la dépendance à l'égard d'un seul pays tiers pour l'approvisionnement en gaz. Les nouvelles interconnexions transfrontalières entre États membres devront être opérationnelles dans un délai de trois ans à compter de l'entrée en vigueur du règlement.
 
La Commission européenne évaluera les plans nationaux et en exigera la modification en cas d'incohérence avec ceux des autres États membres ou s'ils présentent un risque pour leur sécurité d'approvisionnement. L'État membre visé disposera alors de quatre mois pour mettre ses plans en conformité.
 
Mesures d'urgence
 
Si, malgré ces mesures préventives, une situation d'urgence devait survenir en raison d'une pénurie grave de l'approvisionnement ou d'une demande exceptionnellement élevée, l'État membre concerné déclencherait un plan d'intervention d'urgence.
 
On distingue trois seuils de crise: alerte rapide, alerte et urgence. Ce plan d'urgence doit assurer l'accès transfrontalier aux installations de stockage et le flux de gaz entre les pays ne pourra être restreint.
 
Plan d'intervention d'urgence de l'UE
 
La Commission européenne déclarera une urgence de l'Union ou une urgence régionale, à la demande d'au moins deux États membres ayant déclaré une situation d'urgence nationale. En cas d'urgence de l'Union, la Commission européenne sera le garant de l'échange d'informations, de la cohérence des actions au niveau de l'État membre concerné et de la coordination avec les pays tiers.
 
Le texte fait observer que la coopération, notamment entre les pays ci-après, pourrait renforcer la sécurité de leur approvisionnement en gaz :
  • Pologne et États baltes (trois);
  • Espagne, Portugal et France,
  • Irlande et Royaume-Uni,
  • Bulgarie, Grèce et Roumanie,
  • Danemark et Suède,
  • Slovénie, Italie, Autriche, Hongrie et Roumanie,
  • Pologne et Allemagne,
  • France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg, et
  • Allemagne, République tchèque et Slovaquie.
 
Prochaines étapes
 
Le rapport élaboré par Alejo Vidal Quadras (PPE, ES), avec les amendements de compromis, a été approuvé en commission par 54 voix pour, 0 voix contre et 1 abstention. Il devrait être mis aux voix à la session plénière de Septembre II à Strasbourg.
 
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Yann FRANCOISE

Yann FRANCOISE

Responsable de la division Climat-Énergie
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