L'adoption de cette opinion s'inscrit dans un calendrier interinstitutionnel chargé. En effet, les ministres des affaires étrangères européens et méditerranéens se réuniront les 3 et 4 novembre prochain à Marseille pour évoquer ensemble les perspectives concrètes des engagements politiques pris par les chefs d'état et de gouvernement lors du sommet fondateur de Paris le 13 juillet dernier. Par ailleurs, Luc Van den Brande a présenté dès le mois de septembre face à la Commission inter-méditerranéenne de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM) les contours et ambitions de son projet d'Assemblée Régionale et Locale Euro Méditerranéenne (ARLEM), projet qui a été repris par le Bureau du CdR mardi 7 octobre. Le Président du CdR a à plusieurs reprises souligné qu'une Union pour la Méditerranée sans dimension locale et régionale ne pourrait pas aboutir à des résultats concrets.
Isidoro Gottardo souligne dans son rapport l'importance et la solidité du Partenariat Euro-méditerranéen depuis 1995, tout en regrettant que ces liens n'aient pas abouti à des résultats plus significatifs. S'appuyant sur la reconnaissance politique dans la déclaration finale du Sommet de Paris du rôle des autorités locales et régionales dans réussite sur le terrain du projet porté par les chefs d'état et de gouvernement signataires, le rapporteur du CdR appelle aujourd'hui à une association systématique des autorités locales et régionales "non seulement dans la phase de mise en œuvre, mais également dans tout le processus de coopération, allant de l'élaboration des stratégies passant par la mise en œuvre des programmes et projets jusqu’au suivi de l’implémentation des stratégies et l’évaluation des résultats". Pour ce faire, il soutient vivement la création d'un instrument institutionnel assurant leur représentation politique permanente et leur contribution active au Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée, sous la forme d'une Assemblée Régionale et Locale Euro Méditerranéenne (ARLEM).
Par ailleurs, une des propositions plus novatrices du rapport est celle d'étudier la faisabilité, à partir de 2013, d’instruments structurels" adaptés au contexte méditerranéen, qui passerait essentiellement par une politique de cohésion économique et sociale fondée sur une coopération à dimension territoriale. Le rapport adopté par le CdR appelle aussi les organes de gouvernance du Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée "à saisir l’occasion de cette relance du processus pour avancer dans la réforme de la gouvernance locale et la décentralisation."